ACEO : le retour discret d’un format qui n’a jamais vraiment disparu
- Manon Jodoin
- il y a 2 heures
- 3 min de lecture

Il y a des formats qui traversent les années sans bruit. Les ACEO en font partie. Ces petites cartes de 2,5 x 3,5 pouces, que l’on redécouvre aujourd’hui sur les réseaux et dans certaines boutiques en ligne, ne sont pas nouvelles. Elles s’inscrivent dans une histoire déjà bien établie, mais semblent retrouver, ces derniers mois, une place particulière dans la pratique de nombreux artistes.
À l’origine, les ACEO sont directement inspirées des ATC, les Artist Trading Cards. Le principe des ATC, apparu dans les années 1990 avec l’artiste suisse M. Vänçi Stirnemann, était simple : créer de petites œuvres au même format que les cartes à jouer, uniquement destinées à l’échange entre artistes. Pas de vente. Pas de valeur monétaire. Juste un geste artistique, partagé.
Les ACEO sont venus ensuite, comme une évolution naturelle. Même format, même logique de collection… mais avec une différence importante : ils peuvent être vendus. Cette simple nuance a ouvert la porte à une diffusion beaucoup plus large.
Au début des années 2000, des plateformes comme eBay et Etsy ont largement contribué à leur popularité. Les ACEO y circulaient beaucoup, souvent sous forme d’enchères, attirant des collectionneurs à la recherche de pièces uniques à petit format. Puis, avec le temps, leur visibilité s’est déplacée. Aujourd’hui, on observe un retour intéressant, mais sous une autre forme.
Sur TikTok, par exemple, le format court met en valeur des gestes rapides, des mini-processus, des séries en construction. Les ACEO s’y intègrent parfaitement, même lorsqu’ils ne sont pas toujours nommés comme tels.
Du côté des ventes, Etsy reste un espace naturel pour ce type d’objets. Mais eBay n’a jamais complètement disparu du paysage. Il y a même, dans certaines niches comme celle des ACEO, une forme de continuité… voire un léger regain d’intérêt lié à l’aspect collection et aux enchères. Parler d’un phénomène massif serait exagéré. Mais il y a clairement une présence persistante, presque cyclique.
Et ce qui relie toutes ces observations, c’est une même envie : revenir à un format simple, tangible, accessible. Créer sans lourdeur. Collectionner sans intimidation. Les ACEO permettent cela. Ils offrent aux artistes un espace d’exploration rapide, presque quotidien. Une façon de travailler en série, de tester, de produire sans attendre que tout soit “parfait”. Et pour les collectionneurs, ils représentent une porte d’entrée vers l’art original, souvent plus abordable et plus intime.
Mais à mesure que la pratique s’installe, une autre dimension apparaît. Celle de la trace. Que fait-on de toutes ces petites œuvres, une fois qu’elles quittent l’atelier? Comment documenter ce que l’on crée? Comment donner une continuité à des formats qui, par nature, sont fragmentés?
Certains artistes choisissent de rester dans une pratique très libre, presque éphémère. D’autres ressentent le besoin d’ajouter une légère structure. Un titre. Une date. Une technique. Parfois aussi, un petit document qui accompagne l’œuvre. Quelque chose de simple, qui atteste de son origine, sans alourdir le geste.
Dans cet esprit, j’ai préparé un certificat d’authenticité que je mets à disposition librement sur le site Jodoin Studio, pour celles et ceux qui souhaitent accompagner leurs ACEO d’un repère clair et cohérent.
Et pour celles et ceux qui travaillent en série ou qui collectionnent, il existe aussi des outils plus complets, comme un ACEO Logbook, conçu comme un espace pour noter, organiser et garder une mémoire de ces petites œuvres. Il disponible sur Amazon.
Les ACEOs sont une des façons possibles de prolonger la pratique. Un format libre, accessible, presque instinctif… qui peut, si on le souhaite, s’inscrire dans une démarche plus large, plus construite, sans jamais perdre sa légèreté.




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